Historique Henri Chapron



Henri Chapron est né le 30 décembre 1886 à 4 heures du matin au château de Cercay, un hameau du village de Nouan-le-Fuzelier, près d'Orléans, en Sologne, propriété du maire de La Motte sur Beuvron d’où sa famille déménagera peu de temps après sa naissance.. 
Très tôt, il a développé sa passion pour l'automobile. Dès l'âge de 14 ans, il est parti de chez lui, en vélo, avec sa caisse à outils, pour faire le compagnonnage en tant qu’ouvrier bourrelier sellier.  Cela lui permettait  de travailler tout en apprenant son métier de carrossier. Il a ainsi fait le tour de France, s’arrêtant chez un patron pour lui proposer un travail assorti d’un devis. Le travail terminé, au bout de quelques semaines, il repartait en bicyclette pour aller dans une nouvelle ville proposer ses services à un autre patron. Ainsi, il a parcouru la France en apprenant son métier, et a même traversé la mer Méditerranée en allant jusqu'en Algérie.  
Après la première guerre mondiale, en décembre 1919, il ouvre son premier atelier de carrosserie automobile à Neuilly s/Seine. Pour ses premières carrosseries, il travaille sur châssis Ford rachetés à la fin de la guerre aux domaines, surplus abandonnés par les soldats américains sur le territoire français. Il débutera en carrossant des véhicules utilitaires, puis évoluera petit à petit vers des formes plus sophistiquées en carrossant des voitures de tourisme. Il travaille sur de nombreuses marques automobiles comme Hispano Suiza, Morris Léon Bollée, Bugatti, Graham Paige, Rolls Royce, Delage, Delahaye, Hotchkiss, Renault, Peugeot, Citroën...
En 1927, Henri Chapron emploie environ trois cent cinquante personnes et livre jusqu’à trois voitures par jour. Malheureusement, en 1929-1930, les effets de la crise économique se font sentir, la production baisse, et Henri Chapron se voit contraint de réduire l’effectif de son personnel. Dans le domaine automobile, de nombreuses entreprises font faillite cette année là. En 1934, il réalise  sa première voiture pour la présidence de la République, à la demande d’Albert Lebrun.
A partir des années 1930, la production principale d’Henri Chapron se situera sur Delage et Delahaye qui, au début des années 30, reprend Delage. C’est alors une ère des plus florissantes pour les carrossiers qui créeront de fabuleux modèles qui seront considérés comme des oeuvres d’art par les générations à venir. En 1936, Henri Chapron réalise, pour le salon de l’automobile, sa première carrosserie sur Delage D8 120, un superbe cabriolet 4 places. En 1939, la guerre s’installe. Henri part dans sa famille à Nouan-le-Fuzelier, puis après avoir subi de nombreuses pertes en hommes et matériel,  décide de rentrer sur Paris où il s’installe de nouveau à Levallois en attendant la fin de cette abominable  guerre.
Après la seconde guerre mondiale, la reprise est lente. En 1946, pour le salon de l’automobile, Chapron réalisera sa dernière carrosserie sur Delage D8-120, un superbe cabriolet 4 places Grand Luxe. 
Henri Chapron travaillera surtout sur Delahaye, Hotchkiss, puis il  diversifie ses activités en proposant des modèles sur différentes marques, et devient alors le spécialiste de la voiture transformable. 
Petit à petit, les constructeurs automobiles vont s’automatiser, construire leurs voitures sur des chaînes de montage, et faire de moins en moins souvent appel aux carrossiers pour construire la coque ou carrosserie de leurs modèles.  Il devient difficile de survivre pour les carrossiers qui se voient contraints d’acheter une voiture complète, de la démolir, à leurs frais, pour pouvoir la transformer et créer une carrosserie spéciale.  Heureusement, Citroën introduira, quelques années plus tard la DS qui deviendra, pendant une dizaine d’années, la planche de salut d’Henri Chapron. En effet, Citroën fournit à ce dernier le châssis brut ce qui lui permet de créer plusieurs modèles: berlines, coupés et cabriolets.
 Après 1968, la situation économique devient très difficile pour les petites entreprises. L’affaire se retrouve en difficulté, prisonnière de nouvelles lois sociales et, malheureusement, dépendante du bon vouloir  des 3  grands, Citroën, Renault et Peugeot, qui détiennent le monopole de l’automobile en France. Son affaire survivra difficilement, et fermera ses portes en Décembre 1985. 
Henri Chapron s’éteint en paix le 14 mai 1978 dans sa 92ème année. Pendant ses dix dernières années, il a la chance d’être tenu à l’abri des aléas que son entreprise rencontre grâce à la collaboration de sa femme Françoise qui, à sa demande, a repris  une affaire qui fait constamment face à  des problèmes bien difficiles. 
Henri était avant tout un artiste, a “self-made man” du XXème siècle qui ne vivait que pour son travail. Perfectionniste dans l’âme, amoureux du travail bien fait, il a voulu continuer son oeuvre, en dépit des crises économiques qui l’ont pratiquement ruiné. Jamais, il ne s’est avoué vaincu. C’est dans cet esprit que sa famille, détentrice de la propriété intellectuelle de ses modèles, a décidé de poursuivre son oeuvre en laissant des personnes qualifiées reprendre, sous licence, l’exploitation de ses modèles.
A ce jour, Vincent Crescia, en Suisse, a réalisé, sous notre tutelle, en 2008, un cabriolet sur SM, modèle “SM Présidentiel, Séries II” portant le numéro Chapron #7659. Cette voiture est la troisième de la série des SM, modèle Présidentiel. 
Vincent Crescia se spécialise actuellement dans la restauration de voitures Citroën et Lancia. 
Citroen Andre et Partners, aux Pays-Bas, spécialistes dans l’import-export et la restauration de voitures Citroën depuis 1976, après avoir restauré la 4ème SM  Mylord construite par Henri Chapron, ont réalisé une sixième Mylord, sous licence, pour l’un de leurs clients. Ils ont bénéficié de notre étroite collaboration (plans, pièces, moules, logos). Ils ont pu bénéficier, sans aucun doute, du savoir-faire et du talent nécessaire à continuer l’oeuvre d’Henri Chapron. Leur but est de construire 5 exemplaires de la SM Mylord, identiques en tous points à la voiture construite initialement par Henri Chapron. Ces SM, réalisées sous licence, auront, toutes, les spécifications Henri Chapron et seront répertoriées dans notre Grand Livre de Commandes avec leurs caractéristiques.
Par hasard, j’ai retrouvé la trace d’anciens contremaîtres et ouvriers des Etablissements Chapron qui sont prêts à mettre à notre disposition leur expertise pour faire revivre l’image d’Henri Chapron et, ainsi, honorer sa mémoire.
Nous espérons sincèrement que de nombreux autres modèles pourront être réalisés, avec notre accord et collaboration pour continuer une oeuvre qui fait rêver bien des générations.



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